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Publié le vendredi 25 mai 2012
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Pour sa première venue au Festival de Cannes, le réalisateur noir américain Lee Daniels a demandé à Nicole Kidman de se lâcher comme jamais dans The Paperboy. Alors, film choc ou ballon de baudruche ?

Paperboy : un thriller torride qui n'a pas convaincu toute la presse

Chaud devant ! Le torride et crasse dernier film de Lee Daniels (réalisateur de l'immanquable Precious) a désarçonné, hier, au saut du lit une presse, comateuse et sur les rotules, visiblement pressée d'en finir avec la compétition Cannes 2012. Eternellement sur le retour, l'actrice Nicole Kidman justifiait, quant à elle, en conférence, sa participation à Paperboy par ces mots : "Je voulais quelque chose de plus cru et de plus dangereux. Je me suis mise entre ses mains, je voulais voir ce qu'il en ferait." Et Matthew McConaughey de rajouter : "C'est une histoire d'initiations : chacun dans le film doit se rendre dans un monde souterrain où il n'est encore jamais allé, physiquement, émotionnellement, sexuellement." En 1992, Sharon Stones ne portait pas de petite culotte dans Basic Instinct ; en 2012, Kidman devenue cougar urine sur Zac Efron. O tempora, ô mores. / Par RDB

Emilie Bablée dans PureCiné : Bref, il est très difficile de ne pas avoir envie de dévoiler chaque aspect et chaque personnage de ce film, extrêmement bien ficelé, qui exerce une espèce de fascination sur le spectateur. La reconstitution d'une époque, cinématographiquement et thématiquement, est captivante. Le suspense reste bien installé, jusqu'à une séquence finale magistrale, mais le vrai génie de ce film c'est sans conteste son casting, exceptionnel.

France Soir : Le grand retour de Nicole Kidman sur la Croisette, dans un rôle fort et osé, a été diversement apprécié ce jeudi 24 mai au 65e Festival de Cannes. Son rôle de femme très, très libérée dans Paperboy, de l'Américain Lee Daniels, a divisé le public et les critiques. C'est un vrai changement de décor pour Lee Daniels qui, après le très urbain Precious dans Harlem en 2009, a emmené l'actrice australienne et les festivaliers dans les marais de Floride pour un polar sombre électrisé par les tensions sexuelles et raciales.

Alain Grasset dans Le Parisien : Avec le film de Lee Daniels The Paperboy, présenté hier en compétition officielle et précédé d'une rumeur sulfureuse, on s'attendait à du corsé. Mais l'actrice australienne de 44 ans nous sert carrément du torride, remisant au rang de bluette la fameuse scène de Basic Instinct où tout le monde constate que Sharon Stone ne porte pas de culotte. L'ex-femme de Tom Cruise incarne une bimbo nymphomane qui s'entiche d'un taulard psychopathe incarné par John Cusack, doublée d'une cougar qui fait fantasmer un athlète puceau joué par Zac Efron. Son érotisme vénéneux électrise littéralement ce thriller d'atmosphère, dont l'action se déroule au cœur de l'Amérique des sixties. La comédienne mime une fellation et un orgasme dans le parloir d'une prison, une scène qui a fait sensation hier parmi les festivaliers.

Guillaume Loison dans Le Nouvel Observateur : Le film va même assez loin dans le délire sale et trivial : tantrisme au parloir lorgnant vers le peep show crado (point d'orgue : l'orgasme du partenaire dans son froc, avec plan sur jean souillé), SM homo au motel et même une séquence d'uro platonique (Kidman pisse sur les piqûres de méduse qui zèbrent le corps musculeux de son jeune soupirant). S'en dégage un tableau de l'Amérique pas piqué des hannetons, où la torpeur partouzarde ramollit les antagonismes de classe, impose aux personnages un dialogue permanent, cohabitation qui relève moins de la marche forcée que d'un magnétisme irrépressible. Film passionnant à revoir au calme à une heure décente – passé dix jours de festival, les projections à 8 h 30 du matin relèvent de la torture physique.

Yannick Vely dans Paris Match : Chahuté à l'issue de la projection presse – mais aussi applaudi par une partie du public-, The Paperboy est un faux-polar déviant, un film de genre provocateur et assez unique dans le contexte hollywoodien. Si Lee Daniels flatte les bas-instincts du spectateur – Zach Efron en slip un plan sur deux, Nicole Kidman en petite tenue toutes les cinq minutes-, il impose aussi un style et un ton cru et trash qui ont choqué certains palais délicats.

Pierre Vavasseur dans Le Parisien : Une atmosphère poisseuse comme les aiment les amateurs de romans noirs à la James Ellroy. Un mouvement de caméra qui colle aux personnages, les guette, les cueille, les secoue; une image de l'Amérique puritaine et raciste des années 1960 bien plus efficace et brutale que celle de Sur la route, vu la veille… The Paperboy, tiré d'un roman de Pete Dexter paru il y a une quinzaine d'années, est un de ces films abeilles qui vous tournent autour en cherchant toujours à vous piquer.

Emmanuel Cirodde dans Studio Ciné Live : En racontant l'histoire de ce journaliste retournant dans son village natal de Floride pour enquêter sur un jugement expéditif qui a abouti à une condamnation à mort, Lee Daniels aborde, par ordre d'apparition à l'écran, la peine de mort, le racisme, la condition des Noirs mais aussi l'homosexualité dans l'Amérique des années 60… Et si l'actrice aspire visiblement à livrer une performance inoubliable, elle n'ose cependant pas la moitié de ce qu'avait tenté Halle Berry dans le pourtant irritant A l'ombre de la haine. Ce film résonnant d'ailleurs ici comme une référence permanente, on ne sera pas surpris d'apprendre qu'il avait été produit par ce même Lee Daniels.

 
 

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Pour aller plus loin...
Paperboy

Paperboy
De Lee Daniels
Avec Zac Efron et John Cusack

 
 
 
 
 
 
 
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