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Le Point.fr- Publié le 14/06/2012 à 10:55

Derrière le mythe, un métis, créateur inspiré, libre et généreux. À voir en salles !

Bob Marley

Bob Marley© Ian Dikson / Rex / Sipa


 

 

Il est né Robert Nesta Marley dans un village de Jamaïque dénué de tout. Son père, un Blanc, avait eu une éphémère aventure avec sa mère avant de disparaître... De ce métissage originel, Bob Marley a souffert. Rejeté par les Noirs, refoulé par les Blancs, le jeune Marley, timide, se réfugie dans la musique. Il est alors loin de se douter que la guitare de fortune qui lui tient compagnie va faire de lui une icône planétaire, et encore aujourd'hui 31 ans après sa mort.

Le documentaire de Kevin MacDonald, qui est sorti dans les salles mercredi, est à multiples entrées. À travers Marley, l'auteur plonge dans les racines sociales, politiques, spirituelles du reggae, cette musique inventée par Bob Marley et les Wailers (les râleurs) dans le quartier malfamé de Trench Town, à Kingston. Les anciens du groupe fondateur racontent comment, à partir du ska et du rocksteady, le reggae trouve son propre tempo, à quatre temps, binaire, assez lourd sur une tonalité souvent mineure.

L'un des témoins raconte justement comment est né le "pickin", l'un des éléments les plus identifiants du reggae. Cet effet musical est produit par un double mouvement saccadé à la guitare, que l'on peut, par exemple, entendre sur un morceau comme Stir it up. On apprend dans le documentaire de MacDonald qu'à l'origine ce son provient d'une anomalie due à un mauvais branchement du matériel produisant un écho. Les musiciens ont trouvé que l'effet sonore était séduisant et l'ont reproduit à la guitare... Un bug qui produit de la musique !

Le football, l'autre passion

La trajectoire de Bob Marley se nourrit aussi d'une doctrine religieuse, le rastafarisme. Un dérivé éthiopien du christianisme qui postule que Jésus se réincarnera dans la peau d'un roi noir venu d'Afrique. Marley adhère à cette philosophie et pense, comme tous les adeptes de celle-ci, que le roi des rois s'est incarné en Hailé Sélassié 1er, empereur d'Éthiopie. Marley se soumet à une éthique de vie qui bannit les faux-semblants. Il interdit à ses compagnes de porter du maquillage et lui-même choisit sa nourriture avec soin.

Car c'est un autre aspect du personnage : Marley était volage et avait la "chance" que son épouse officielle ne soit pas jalouse. Avec la réussite, la star ne dévie pas, ouvre sa maison à tous les fans qui passent, distribue son argent avec générosité, joue au football tous les jours et compose la nuit dans les volutes de marijuana. Comment ceci a-t-il pu finir si tôt ? À 36 ans, l'artiste s'éteint.

À l'origine, une simple blessure à l'orteil. Un coup reçu durant un match de football. C'est du moins ce qu'il croit. Mal conseillé, Bob Marley perd du temps... Le mal qui le ronge est beaucoup plus profond. Les derniers instants du documentaire nous le montrent pour la première fois dans la dernière phase de sa maladie, entouré des siens dans une clinique allemande... Une tête de petit garçon qui a dû couper ses dreadlocks, un sacrifice extrême pour un rastafari. Il faut courir voir ce documentaire de 2 h 24 baignées de reggae. Une référence.

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